Une simple graine
Promesse de champs futurs
Et de simples graines

Poussé par le vent
Petit bout de mousse rousse
Un écureuil passe

Voilà le printemps
Il y a tant d’oiseaux sur la route
Qu’on se croirait au ciel

Penché sur mes yeux
Cerisier éternel
Ton visage à l’aube

Mosaïque sans cesse
Redessinée par le vent
La courbe des arbres

Échappé du feu
Porteur d’un désir ardent
Un esprit renard

Ne crains pas l’infini
Car il est ton reflet
Dans l’eau du ciel

Fleurs et papillons
Le parfum de l’éphémère
Un souffle qui passe

Le soleil se glisse
A travers les nuages
Sourire amoureux

Toute rousse et rayée
La queue de mon petit chat
Lune entre les branches

Vol bleu de mésanges
Plus un ver à l’horizon
Un verre en terrasse

Kimono de pluie
Soie verte qui dégouline
Les arbres trempés

Un frémissement
Tous les oiseaux se sont tus
Tombe la nuit

Un feu dans le poêle
Le thé devient forêt
Parfum du charbon

Blessant mon regard
La lanterne d’un passant
Noyés dans la brume

Une odeur de figues
M’a suivi jusqu’à chez moi
Est-ce le printemps ?

Cette pluie d’orage
Ne rincera pas le mal
Causé par les hommes

Une fichue chenille
A ratiboisé la menthe
Papillon cocktail

Trois indispensables
Le thé, la philosophie
Et la poésie

Cavalières du ciel
Les hirondelles de retour
Chevauchent les nuages

Toujours fascinant
Le calme d’un paysage
Juste après la pluie

Le ciel bleu se moque
Du pauvre langage des hommes
Lui l’insaisissable !

Les myosotis
Ont envahi mon allée
Le ciel sur le seuil

Il est si facile
De se perdre en contemplant
La lune de printemps

Il est contagieux
Le sommeil du papillon
Les iris en fleurs

Le monde renaît
Dans la trainée de soleil
De l’orage enfui

Il est bien trop tôt !
L’alouette a réveillé
Toute la maison

Mon esprit n’est pas
Aussi léger que les fleurs
Du cerisier

La grive du matin
Sous l’orage déchainé
Donne son concert

Des grains de soleil
Qui balancent sous le vent
Mimosas en fleurs

Le métro est vide
Les veilles de jours fériés
C’est drôlement bien !

L’odeur de la pluie
Acre, épaisse et grise
qui tombe des arbres

Le vent de la nuit
Et l’amandier en fleurs
Font tomber la neige

Contre la chaleur
Je m’habille d’un courant d’air
Soie du kimono

L’être qui nous aime
Nous conduit doucement à
Nous aimer nous-même

La nature compose
Un tableau de Raphaël
Tout en pastel de roses

Matin de printemps
Le ciel à s’y méprendre
Ressemble à tes bras

Hélas près des fraises
Des framboises me font de l’œil
Leur saison me tarde !

Night comes to an end
And soon the sun and the moon
Will rise in your hand

Voici les calendes
Où Mars dépose les armes
Le temps d’un bourgeon

Même sur le bitume
le printemps triomphant
des sourires en fleurs

Des pétales sans ombre
sous une traînée blanche
des pieds qui dansent

Ami à ma porte
En guise de bouquet de fleurs
Un arc en ciel

Le ciel, ses moutons
Qui s’en vont, paissant tranquilles
Dans les prés de la ville