Le Murmure du Vent

Tempête du cerisier

Au vent une marée de fleurs

Voyage avec moi

S’échapper

Loin, toujours plus loin

Le cœur battant

Accrochée à la nuit

La soie porte des traces de griffes

Souvenir de la guerre

Un foyer en vérité

Non là où il faut juste être

Là où il est juste d’être

Dans mes rêves

J’embrasse les pétales fragiles

L’espoir

A peine effleurée

La toile du ciel d’un coup de griffe

La lune blanche

Chemin du retour

Dans les feuilles accumulées

Tracer sa voie

Main dans la main

Océan et sakuras

Une promesse

Seule

La nuit

En partage

Astres égarés

Resplendissent dans la nuit

Les pissenlits

Ici

Là-bas

Ailleurs

Doucement la soie

Le soir bleu qui se glisse

En silence

Brume

Et pourtant un chemin

A perte de vue

Cerisiers en fleurs

Dans mes songes d’hiver

Pétales et flocons

Au bord de l’horizon

Dans l’air noyé d’or et d’ombres

Un rendez-vous

Au fond de la nuit

Deux braises chuchotent

Deux pupilles veillent

Secrète alchimie

Mêler l’ombre et la soie

Nuit sans fin

Douce caresse

Fumée du thé quotidien

Au bout des doigts

Le spectre de la lune

Insaisissable

Dans les nuages

L’odeur de la mer

Un oiseau sauvage

La vue d’une ile

Un frémissement

Tous les oiseaux se sont tus

Tombe la nuit

Le soir

Presque sans un bruit

La flèche

Nuit translucide

La voie lactée

Vers toi

Nulle âme ce matin

la grive chante pour elle-même

Hors de la maison

L’aube s’éveille

Alors que tes yeux s’entrouvrent

Sur l’orée du monde

Frontière disparue

Bien au-delà du chemin

Mais libre pourtant

A pattes de velours

Sur des sentiers inconnus

S’échapper sans bruit

Murmurer des rêves

Le frisson des brins d’herbe

Au creux de l’oreille

Caresse fragile

A l’abri de la couette

Première neige

L’œil entrouvert

Les étoiles vont se coucher

Dans l’herbe sèche

Un haïku

Sitôt envolé

Le murmure du vent

Au creux de la nuit

Absence, présence

Au creux de tes bras

Pas un bruit

Le nez en l’air

Pleine lune

Si tranquille

Lorsque le crépuscule s’invite

Pour le thé

Dans les nuages

Demeure tendrement

De la lumière

Feuilles mortes

Entre mes doigts ouverts

Poésie au vent

J’ouvre les yeux

Le rêve de cette nuit

Par la fenêtre

Sous les étoiles

Trois derniers vers

Pour la route

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